lundi 13 juillet 2015

SCARIFICATIONS : LA PEAU COMME
 EMPREINTE PERSONNELLE



On distingue deux sortes de scarification : les scarifications en relief et les scarifications en creux. Les premières s'obtiennent en incisant simplement la peau, les deuxièmes en enlevant une partie de l'enveloppe superficielle de celle-ci. Pratiquée en Afrique, particulièrement en Afrique de l'Ouest, dans le Nord du Ghana avec les tribus Gonjas, Nanumbas, Dagombas, Frafras ou Mamprusis, ou encore au Bénin, la scarification est aussi présente chez les Aborigènes en Australie ou encore certaines tribus en Nouvelle Guinée, avec les hommes-crocodiles dans le Sépik, surnommés ainsi car ils ont pour coutume de se faire scarifier des écailles de crocodile afin d’hériter de la puissance de l'animal. 

A l'origine, les tribus marquaient la peau de tatouages : on incisait la peau et on la frottait avec du charbon, ce qui laissait une trace noire sous la peau après cicatrisation. Sur les peaux noires, le tatouages se distinguait moins bien, d'ou l’intérêt de la scarification : il s'agit d'inciser les couches superficielles de l'épiderme et de contrôler la cicatrisation afin de créer une cicatrice en relief. Les peaux noires cicatrisent en général assez mal et forment facilement des " chéloïdes ", des poussées de peau cicatricielles gonflées et dures.

La scarification marque une renaissance, elle redéfinit la relation de l'individu a sa tribu a travers la peau, en signant un nouveau statut social.  Elle constitue un rite de passage, celui du passage a l'age adulte : en contrôlant sa douleur, l'initié manifeste sa bravoure. Ainsi, plus la personne possède de scarifications, plus elle est respectée dans sa communauté. Telle une biographie cutanée, elle signe l'individu au sein du groupe.

Elle peut revêtir diverses formes selon les tribus, et n'est pas réservée exclusivement aux hommes : signe de fertilité, les scarifications sur l'abdomen des jeunes femmes démontraient leur capacité a tolérer la souffrance, et indiquaient par là leur maturité a porter un enfant. Elles peuvent avoir un but esthétiques ou érotiques, mais également l'inverse : enlaidir pour repousser les mauvais esprits.
















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